Café des coupables dans les CAF

Publié le par coordination-precaf-rsa-95.over-blog.com

Mardi 27 mai 2008, les précaires du Réseau Solidaire d'Allocataires s'étaient réunis devant la CAF d’Argenteuil.

Une CAF pas tout à fait comme les autres, puisque dans le Val d’Oise, les agents étaient particulièrement mobilisés.

 

Pour limiter les « coûts de fonctionnement », la CAF 95 était (et est toujours, probablement) en sous-effectif. Résultats : pour les allocataires, des courriers traités avec deux mois de retard (et tant pis pour les droits liés à un dossier CAF, comme la gratuité des transports pour les Rmistes), des guichets souvent fermés au public, moins de permanence dans les villes ; pour les travailleurs de la CAF : boulot de dingue, affectation temporaire à d’autres missions, pression pour les heures sup et le travail le samedi (90% des agents ont refusé que ce soit obligatoire)…  

 

Pour tous, moins de temps libre, plus de galères.

 

Sans compter, pour Argenteuil, l’expérimentation du Revenu de Solidarité Active, dont les calculs sont tellement compliqués et les sommes versées incertaines et variables qu’il a fallu une demi-douzaine d’agents pour s’en occuper !


Les agents de la CAF s'étaient mobilisés, en faisant grève, mais aussi en allant à la rencontre des allocataires devant les CAF d’Argenteuil, Cergy et Sarcelles. Mais si la CAF n’est pas tendre avec ses agents, elle met aussi la pression sur les précaires ! A l’ANPE, dans les Assedic, dans les CAF, les services sociaux ou les structures d’insertion, ce n’est pas un hasard si le mépris des droits des usagers, le harcèlement et les contrôles des allocataires vont de paire avec des modifications des missions des agents, la définition d’objectifs chiffrés, les pressions de la hiérarchie.


Mais le réseau Solidaire d'Allocataires aussi, a appris à se défendre, à pratiquer la solidarité collective.


Et comme dans la plupart des CAF, on constate qu’il suffit d'un soupçon de la CAF sur une prestation versée à tort pour appliquer le tampon « fraude » et suspendre les allocations (ce qui est contraire aux propres règles de la CAF, voir le n° 0 du journal du Réseau Solidaire d’Allocataires). C’est le cas d’une précaire qui nous explique que vivant seule en France avec un enfant, en attendant le résultat de sa demande de regroupement familial, elle perçoit l’API (Allocation Parent Isolé) depuis 2006.

En 2007, elle tombait enceinte. Pour la CAF, une mère isolée qui déclare assumer seule la charge des enfants mais tombe enceinte, est forcément une fraudeuse.  

Les prestations de la CAF ne seraient donc plus versées selon la situation de la personne, mais en fonction de son comportement par rapport à une norme jamais explicitée (une femme est célibataire et n’a donc pas de relations avec un homme, ou alors c’est qu’il y a forcément vie commune).


Dans ces « cafés des coupables », force est de constater que la bonne foi n’est d’aucune aide, et que là n’est pas la question : avoir déclaré l’existence du mari au pays et les séjours là-bas n’y change rien, parce qu’il s’agit de culpabiliser tout le monde et de détruire, dans les faits si ce n’est dans les textes, l’accès à des prestations gagnées bien souvent par les luttes.

 

Des luttes qu'il faudra reprendre si l'on ne veut pas être privés de toute allocation et retourner au XIXème siècle.

 

Publié dans CAF Argenteuil

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