A la CAF, la suspension ne tient qu'à un fil !

Publié le par des précaires en lutte

Comme à chaque fois, en ce matin de septembre, la CAF se remplit sans discontinuer tout au long de la matinée. Vers 11h, les premiers allocataires dont les démarches nécessitent plus que quelques minutes à l’accueil sortent tout juste.

 

Autour du thermos de café et de la table pliante du réseau solidaire d’allocataires, ou à la lecture de notre petit tract d’information, les langues se délient.

 

equilibriste2qe1.gifLes suspensions RSA et les contrôles font des dégâts. Une jeune maman ne touche presque rien de son RSA en raison d’un trop perçu dû à la date de sa demande de RSA, faite au début de sa grossesse, un peu trop tôt selon la CAF, qui avait pourtant commencé le versement. Cette jeune allocataire vit dans un foyer avec son bébé, et a fait le choix de reprendre des études. Son assistante sociale, sans avoir de solution concrète pour autant, lui conseille de prioriser plutôt le logement que la formation. Alors qu’à de nombreux précaires sans domicile fixe, on exige un retour à l’emploi rapide et des preuves de recherche…

 

Un autre allocataire est suspendu depuis le début de l’été, car il avait informé la CAF d’un séjour à l’étranger, ce que la CAF a pris comme un départ définitif. Il a signalé à la CAF son retour en juin, mais ça bloque. RSA suspendu entrainant aussi un trop perçu des allocations logement. Aujourd’hui, la CAF lui conseille de refaire tout simplement une demande de RSA depuis le début et cela dans les meilleurs délais, s’il veut espérer toucher les mois en retard, et pas seulement une reprise des versements à compter de sa nouvelle demande.

 

Une dame nous indique venir tous les 2-3 jours à la CAF : cela fait 3 mois qu’elle ne touche plus rien suite à un contrôle de la CAF. Le trop fréquent soupçon de vie maritale, qui touche majoritairement, mais pas uniquement, les femmes. Le montant du RSA permettant rarement de pouvoir se payer un loyer (même en HLM), la colocation ou l’hébergement sont des solutions plus que fréquentes. Des solutions pas toujours idéales, car les rapports ne sont pas toujours simples entre hébergés et hébergeants, mais en terme de logement, l’autre alternative est bien souvent la rue, vue que les appartements vides sont de mieux en mieux protégés (physiquement et juridiquement) et que les demandes HLM n’aboutissent qu’après des années…

Ces formes de solidarité, rendues nécessaires par la faiblesse des allocations et le niveau des prix, ne peuvent plus être un complément à la protection sociale collective : cela doit venir en déduction, pour que ces organismes ou l’Etat puissent faire des économies sur le dos des usagers. Donc, pour la CAF, toute co-habitation traduit une vie commune, la moindre pension alimentaire ou aide régulière doit être réclamée et déclarée…

 

Alors soit nous nous laissons enfermer dans des catégories qui ne correspondent pas à la vie, nous voyons les possibilités se réduire, soit nous sortons de l’isolement et de la honte pour nous battre collectivement et vivre mieux et bien !

 

Alors, la prochaine fois que vous allez à la CAF et qu’il y a la queue, au lieu de râler et de mal regarder la personne devant vous qui a une situation complexe qui prend du temps, vous pourrez dire : chouette, pleins de précaires comme moi avec qui se regrouper !

Publié dans CAF Cergy

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